Après une petite semaine à Athènes, je décolle pour la Bulgarie. En seulement une heure j’atterris à Sofia. A peine arrivé c’est le choc, l’aéroport est aussi grand qu’un petit gymnase et pas plus de 10 vols sont affichés. Je souris en me demandant ce que je fais là. Il fait beau. Je me mets à la recherche d’un taxi. Enfin,un taxi qui comprends ce que je dis car  l’anglais capte mal ici. Ou alors les chauffeurs n’ont pas trop de réseau. Au bout de 10 minutes de langage des signes j’en trouve un. Les sols pavés font vibrer la voiture à l’entrée du quartier où je vais loger cette nuit. 

Je pose mes affaires et file directement me promener dans Sofia. 

Ma première impression est bonne, les bâtiments sont espacés, les trottoirs bien dégagés, la ville me semble propre. Au bout d’une quinzaine de minutes de marche, je me retrouve en face d’un immense bâtiment lui même devant un champ de fontaines alignées. Ces fontaines sont entourées d’un joli parc vert et spacieux. Je m’assieds sur ce banc près d’un groupe de jeunes skateurs quelques instants. Ce bâtiment immense est en fait le palais national de la culture, il abrite pas moins de  15 salles de spectacles et de conférences.

L’endroit est apaisant, peut être est-ce grâce au bruit de l’eau provenant de la fontaine ou les couleurs vives du parterre  de fleurs rouges et jaunes qui décorent le contour des fontaines. Le parc est entouré d’immeubles arborant des publicités sur leur façade pour de grandes marques américaines. Comme beaucoup de pays de l’est, la Bulgarie été liée à l’URSS avant son effondrement en 1990. Depuis, comme le montrent ces panneaux,  le capitalisme a repris l’avantage. La ville conserve  tout de même des grandes marques de sa période sous dictature, notamment par ses nombreuses statues représentant les anciens dirigeants par endroit.

Après quelques minutes à profiter du soleil, je me dirige vers la rue piétonne qui se trouve à une centaine de mètres. Jusqu’ici peu animée, la ville prend vie pas à pas. Je marche et entends parler bulgare à la terrasse de ses restaurants. Ici curieusement beaucoup de devantures proposent de la nourriture italienne.

D’ailleurs, les menus sont pour la plupart illisibles pour un français comme moi car ici c’est l’alphabet cyrillique qui est utilisé. Heureusement qu’une traduction anglaise est toujours fournie ! C’est marrant comme un alphabet peut créer un dépaysement. En revanche, c’est un peu moins drôle quand il faut se retrouver sur une carte.

Je progresse dans cette allée et prends des photos, je ne sais pas si c’est à cause de mon appareil photo ou de ma casquette à l’envers mais les gens me regardent comme un ovni. Peut être est-ce mon pied pour appareil photo électronique qui attire l’oeil ou alors peut être que je suis le seul touriste à avoir choisi Sofia comme destination ! 

Toujours est-il que c’est la première fois depuis le début de mon voyage que l’on me regarde autant.

Pour la plupart ce sont des regards curieux, pour les serveuses ce sont des sourires. C’est peut être mon côté français qui fait effet.

Mes chevilles gonflent. Je m’arrête boire un verre dans un de ces bars le long de l’allée. Je tends l’oreille et écoute les gens discuter. Le bulgare ressemble beaucoup à la langue russe, c’est à la fois joli et agressif par moment. Assis devant un coca bien frais, je regarde les passants. 

Je suis étonné de voir que les hommes ici ont pour la plupart les cheveux rasés, les yeux clairs, sont assez musclés et ont un air un agressif.  Les femmes qui les accompagnent sont elles plutôt fines et brunes. Je le note car c’est assez marquant. Pour les cheveux rasés, même les enfants optent pour ce style, je me demande s’il n’y a  pas une épidémie de poux dans la région tant il y a si peu d’hommes qui choisissent de garder leurs cheveux. 

Verre vide, je continue ma découverte de la ville en reprenant l’allée. J’aperçois alors au bout de mon chemin une coupole verte émeraude. Je commence à me dire que c’est peut être la célèbre cathédrale d’Alexandre Nevski mais elle me parait plus petite que sur les photos de la ville. Je m’approche et comprends très vite qu’il s’agit d’une autre. J’entre alors et me retrouve au milieu d’un mariage, je m’esquive rapidement tout en regardant l’intérieur majestueux et doré de l’autel qui attend sa mariée du jour. 

En ce jour heureux pour ces tourtereaux , je poursuis la visite de la ville à la recherche de la célèbre cathédrale symbole de Sofia. Sur le chemin qui me mène à l’édifice, je croise beaucoup de monuments religieux différents, l’église Saint Nicholas attire particulièrement mon attention. Ses tours en or me renvoient en Russie, pas étonnant, ces bulbes et fresques en or sont un cadeaux de Saint Nicholas II, le dernier empereur russe de la famille Romanov rien que ça. L’Histoire est partout et à chaque église, une nouvelle facette de la société bulgare se présente. Mosquées, synagogues, églises, église orthodoxes, églises russes, le patrimoine bulgare est multiculturel, complexe et d’une richesse incroyable.

Pour ajouter encore un peu de charme à ses rues, on trouve au détour de certains quartiers, un street art coloré qui ravive un peu certains quartiers ternes.

Ma journée s’achève à une centaine de mètres plus loin, devant la grande star de la ville, la cathédrale Alexandre Nevski, véritable bijou d’architecture. Cet édifice immense pouvant accueillir plus de 10 000 personnes est un des plus grands monuments orthodoxes du Monde. Ce qui marque au premier regard c’est sûrement la coupole en or et les toits verts émeraude. Parfaitement conservée à l’extérieur, son intérieur est un peu moins impressionnant. Ne pouvant pas prendre de photo à l’intérieur sous peine d’amende, je vous la décrirai comme très sombre avec un immense lustre éclairant toute la pièce.

Heureux d’avoir pu trouver le symbole de la ville au bout d’une belle journée, je rentre préparer mes affaires pour ma prochaine destination, la capitale Roumaine, Bucarest.